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Les grandes manœuvres ORION 2026 marqueront, de février à fin avril, l’exercice militaire le plus ambitieux conduit en France depuis des décennies, destiné à préparer les armées françaises à un conflit de haute intensité aux côtés de leurs alliés européens et de l’OTAN.

Un exercice hors norme

Pendant près de trois mois, ORION 2026 mobilisera jusqu’à 12 500 militaires simultanément, appuyés par 25 grands bâtiments de surface, dont le porte-avions Charles‑de‑Gaulle, environ 140 avions et hélicoptères, ainsi que quelque 1 200 drones. L’exercice se déroulera sur terre, en mer, dans les airs, mais aussi dans les espaces cyber et spatial, faisant d’ORION un laboratoire grandeur nature du combat « multi‑domaines » contemporain.

Derrière ce déploiement spectaculaire, l’objectif affiché est clair : démontrer la capacité de la France à « entrer en premier » sur un théâtre d’opérations, à conduire une coalition multinationale et à s’intégrer pleinement dans un dispositif otanien en cas de crise majeure. Dans un contexte international marqué par la guerre en Europe et la montée des tensions stratégiques, l’exercice se veut autant un signal politique qu’un outil de préparation opérationnelle.

Un scénario de guerre de haute intensité

Le scénario d’ORION 2026 met en scène un État partenaire fictif, l’Arland, menacé par un voisin expansionniste situé à l’Est, Mercure, dans une trame largement inspirée d’hypothèses de l’OTAN et des enseignements tirés de la guerre en Ukraine. Ce conflit simulé permet de dérouler toutes les phases d’une campagne moderne, de la conflictualité hybride – désinformation, cyberattaques, pressions économiques jusqu’à l’engagement de haute intensité avec combats interarmées de grande ampleur.

Les planificateurs ont choisi de ressusciter certains réflexes de la guerre froide, en intégrant par exemple des séquences de mobilisation nationale et de montée en puissance progressive des forces, adaptées aux réalités d’aujourd’hui. Au‑delà du seul affrontement militaire, l’exercice implique douze ministères afin de tester la résilience globale de l’État face à des attaques hybrides touchant le territoire national, des infrastructures critiques à l’opinion publique.

Trois mois de manœuvres sur tout le territoire

ORION 2026 se déclinera en plusieurs phases successives, étalées du 8 février au 30 avril, et concernera une quinzaine de départements métropolitains. La séquence initiale verra des opérations amphibies près de Vannes et une action aéroportée d’envergure autour du camp de Coëtquidan, en Bretagne, pour « ouvrir » un théâtre d’opérations contesté sur la façade atlantique.

Après cette phase d’assaut initial, les forces se redéploieront vers l’Est, en particulier dans les camps de Champagne, où se déroulera la phase dite « otanienne » de l’exercice, du 7 au 30 avril. C’est là que la France jouera son rôle de nation‑cadre au sein d’une coalition incluant des militaires de 24 pays alliés, principalement européens, mais aussi américains, canadiens et émiratis.

Dans certains territoires, comme le département de l’Yonne où une phase active est annoncée du 13 au 30 avril, les habitants verront passer des convois exceptionnels, des colonnes de blindés, mais aussi des survols d’avions, d’hélicoptères et de drones, de jour comme de nuit. Les autorités insistent toutefois sur l’absence de danger pour la population, les manœuvres étant strictement encadrées et coordonnées avec les services de l’État et les collectivités locales.

Test grandeur nature de la résilience française

Au‑delà de la manœuvre tactique, ORION 2026 vise à éprouver la capacité de la France à encaisser les « rétroactions » d’un adversaire : cyberattaques, campagnes de désinformation, sabotages ou pressions économiques sur le territoire national. Douze ministères sont ainsi mobilisés, de la Défense à l’Intérieur en passant par les Transports, l’Économie ou encore la Transition énergétique, pour simuler une réponse coordonnée de l’appareil d’État.

Les armées profiteront également de l’exercice pour valider des innovations, notamment dans les domaines des drones, de la guerre électronique, du brouillage satellitaire et de la protection des réseaux. L’idée est de synchroniser, au plus fin, les effets militaires, diplomatiques, économiques et informationnels, afin de présenter un front cohérent et crédible face à un adversaire de niveau étatique.

Un message adressé aux alliés… et aux adversaires

Pour l’exécutif comme pour l’état‑major, ORION 2026 a valeur de vitrine stratégique : il s’agit de montrer aux alliés européens que la France peut non seulement prendre la tête d’une opération d’envergure, mais aussi s’insérer sans friction dans la chaîne de commandement de l’OTAN. Sur le plan intérieur, l’exercice doit aussi contribuer à ancrer, dans l’opinion, l’idée d’une armée prête à faire face au « retour possible de la guerre de haute intensité » sur le continent.

Dans un monde où les lignes de front ne se limitent plus aux tranchées mais s’étendent aux câbles sous‑marins, aux serveurs informatiques et aux réseaux sociaux, ORION 2026 se veut le laboratoire d’une défense « tous azimuts ». Pendant quelques semaines, une fiction de guerre viendra ainsi irriguer le territoire français, avec en toile de fond une question bien réelle : jusqu’où le pays est‑il prêt à aller pour assurer sa sécurité et celle de ses alliés ?

Pour la commune de LE FIEU, seul le ciel féodien risque donc, a priori, d’être occupé par le passage fréquent d’avions de chasse à des altitudes variées… Pas de panique, ce ne seront que des manoeuvres inter-armées !

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